
Mariam Bataller Pardo
Fondatrice

Exécution des peines
Quand une personne a plusieurs condamnations à de la prison, quelqu'un doit les additionner.
Et cette addition n'est pas toujours bien faite. L'acumulación de condenas (confusion des peines) est le mécanisme légal qui fixe une limite maximale au temps réellement passé en prison lorsqu'il existe plusieurs jugements portant sur des faits qui auraient pu, à l'époque, être jugés dans une seule procédure.
Ce n'est ni un aménagement de peine ni une grâce. C'est une règle du Código Penal (code pénal espagnol) qui, très souvent, n'est pas appliquée parce que personne ne la demande. Les tribunaux exécutent chaque affaire séparément : s'il y a quatre jugements rendus par quatre juridictions différentes, il est normal qu'aucune n'ait sous les yeux le tableau complet.
Chez Bataller Abogados, nous travaillons depuis plus de 25 ans en exécution des peines et en droit pénitentiaire, depuis Barcelone, et nous intervenons dans toute l'Espagne. Si votre famille compte plusieurs affaires et que la date de fin de peine qu'on vous a annoncée ne correspond pas à vos calculs, cela vaut la peine de la vérifier. Appelez-nous au +34 696 967 181 ou au +34 937 490 708, 24 h/24.
Vous ne savez pas par où commencer ?
Le point de départ est l'article 75 du Código Penal : lorsque plusieurs peines ne peuvent pas être exécutées en même temps, elles s'exécutent l'une après l'autre, en commençant par la plus grave. C'est l'exécution successive. En additionnant simplement, quatre condamnations de six ans donneraient vingt-quatre ans de prison.
L'article 76 du Código Penal corrige ce résultat. Il prévoit que la durée maximale d'exécution effective ne peut pas dépasser le triple de la durée de la plus grave des peines prononcées, avec des plafonds absolus exprimés en années. Lorsque les peines déjà exécutées atteignent cette limite, le reste est déclaré éteint.
Le point important : cette limite s'applique même si les peines ont été prononcées dans des procédures différentes, à condition de remplir une condition de dates que nous expliquons plus bas. La confusion des peines n'efface pas les condamnations et ne remet pas en cause leur bien-fondé : elle fixe seulement le plafond du temps à exécuter. Elle est décidée par un juge, par ordonnance, selon la procédure de l'article 988 de la Ley de Enjuiciamiento Criminal (code de procédure pénale).
L'acumulación jurídica (confusion des peines) est judiciaire. Elle est décidée par le juge ou le tribunal pénal compétent, applique l'article 76 du Código Penal et fixe une durée maximale d'exécution. Elle peut conduire à déclarer éteintes des peines restant à subir. C'est elle qui influe directement sur la date de sortie.
La refundición de condenas (regroupement pénitentiaire des peines) est une opération de nature pénitentiaire. Elle repose sur l'article 193.2 du Reglamento Penitenciario (règlement pénitentiaire espagnol), qui prévoit que lorsqu'une personne condamnée subit deux peines privatives de liberté ou plus, leur somme est considérée comme une seule condamnation pour l'application de la libération conditionnelle. Elle sert à calculer des délais et des aménagements, pas à réduire le total.
Dit simplement : le regroupement additionne pour permettre de compter ; la confusion pose un plafond. Une peine regroupée n'est pas pour autant confondue. Il arrive souvent qu'on dise à une famille que les peines « sont déjà regroupées » et qu'elle croie l'affaire réglée, alors que la confusion de l'article 76 n'a jamais été demandée.
Vous pouvez voir comment tout cela s'articule dans notre rubrique droit pénitentiaire.
L'article 76.1 pose deux freins qui jouent en même temps. C'est le plus favorable des deux qui s'applique.
Ce plafond de vingt ans est relevé dans des cas précis :
Une nuance qui trouble beaucoup de monde : ces seuils se mesurent d'après la peine que la loi prévoit pour l'infraction, et pas seulement d'après celle prononcée par le jugement. En cas de prison permanente révisable, le calcul obéit à des règles particulières.
Pendant des années, on a discuté de la nécessité d'un lien entre les condamnations. Aujourd'hui, le critère est purement chronologique. Il n'est pas exigé que les infractions se ressemblent, ni qu'elles soient de même nature, ni qu'elles aient des victimes communes.
L'article 76.2 le formule ainsi : la limite s'applique même si les peines ont été prononcées dans des procédures différentes, dès lors que les faits ont été commis avant la date à laquelle ont été jugés ceux qui, parmi les condamnations à confondre, l'ont été en premier.
Traduction : la question n'est pas « ces infractions se ressemblent-elles ? », mais « auraient-elles toutes pu être jugées dans la même procédure ? ». On compare deux dates : celle de la commission de chaque fait et celle du jugement de référence.
La deuxième chambre du Tribunal Supremo (Cour suprême espagnole) a précisé ce critère dans plusieurs accords de plénière non juridictionnelle, notamment en 2016 et en 2018. Il en ressort des règles pratiques : on part du jugement le plus ancien ; au sens de l'article 76.2, on retient la date du jugement rendu en première instance ; une condamnation déjà confondue ne réintègre pas les opérations ultérieures ; et si un ensemble n'est pas confondable, il faut vérifier si les autres condamnations le sont entre elles.
D'où la partie la plus technique du travail : tester les combinaisons possibles et retenir la plus favorable.
L'article 988 de la Ley de Enjuiciamiento Criminal est la voie procédurale :
Ce dernier point compte beaucoup : une ordonnance qui refuse la confusion n'est pas la fin du chemin. Elle est susceptible de recours devant le Tribunal Supremo, où s'est construite toute la doctrine en la matière.
Autre source classique d'erreurs. L'article 58 du Código Penal prévoit que le temps de privation de liberté subi à titre provisoire s'impute intégralement, sauf s'il a déjà été imputé dans une autre affaire.
Lorsque cette imputation doit se faire dans une affaire autre que celle où la détention provisoire a été ordonnée, c'est le Juez de Vigilancia Penitenciaria (juge de l'application des peines) qui décide, après avis du Ministerio Fiscal. Cela n'est possible que si la mesure de sûreté est postérieure aux faits pour lesquels la peine est prononcée.
L'article 59 ajoute une règle pour le cas où la mesure de sûreté et la peine sont de nature différente : le juge accorde la compensation qu'il estime équitable.
Lorsque plusieurs affaires se déroulent en même temps, des mois de détention provisoire sont perdus faute d'être réclamés. Personne ne le fait d'office. C'est une vérification que nous menons systématiquement, en même temps que le calcul général.
Il est de plus en plus fréquent de cumuler des condamnations en Espagne et dans un autre État de l'Union européenne. La question de savoir si ces condamnations étrangères entrent ou non dans la confusion espagnole a fait l'objet d'un débat nourri.
Le cadre combine la réglementation européenne sur la prise en compte des décisions de condamnation rendues dans d'autres États membres, sa transposition en droit espagnol, la Ley 23/2014 sur la reconnaissance mutuelle des décisions pénales dans l'Union européenne, et une jurisprudence du Tribunal Supremo qui a évolué. La haute juridiction a admis à un moment la confusion d'une condamnation rendue dans un autre État membre, puis le législateur a introduit des limitations, réformées par la suite.
C'est un terrain mouvant. S'il existe des condamnations exécutées ou prononcées hors d'Espagne, il faut examiner le cas concret : État d'origine, dates, titre de transfèrement et textes applicables.
Voici les situations où une vérification s'impose :
Ce dernier point est le plus important : le système est conçu pour exécuter des affaires, pas pour les réexaminer dans leur ensemble.
Nous écoutons la situation et demandons les documents. Si nécessaire, nous les réclamons nous-mêmes aux tribunaux et à l'établissement pénitentiaire.
Nous classons tous les jugements par date des faits et par date de jugement. C'est là que les erreurs apparaissent.
Nous testons les combinaisons de confusion possibles et vérifions l'imputation de la détention provisoire dans chaque affaire.
Nous déposons la demande devant la juridiction compétente au titre de l'article 988 LECrim, avec une proposition de plafond motivée, et nous suivons l'incident jusqu'à l'ordonnance.
Si l'ordonnance est défavorable, nous étudions la cassation. Si elle est favorable, nous transmettons le nouveau calcul à l'établissement et au juge de l'application des peines.
Nous vous disons franchement quelle marge nous voyons avant que vous ne décidiez quoi que ce soit. S'il n'y a pas d'ouverture, nous vous le dirons.
Pour une première analyse, il nous est utile de disposer de :
Si vous n'avez rien de tout cela, ce n'est pas grave. Le nom, l'établissement pénitentiaire et les tribunaux dont vous vous souvenez suffisent.
Oui. La personne condamnée a qualité pour la demander, et le Ministerio Fiscal peut aussi l'engager, tout comme la juridiction d'office. Cela dit, une demande sans la carte complète des affaires et sans proposition de regroupement motivée se termine généralement par une ordonnance de rejet. Le vrai travail consiste à réunir les jugements, classer les dates et proposer la combinaison la plus adaptée.
Ce que fixe la confusion, c'est une durée maximale d'exécution. Lorsqu'elle s'applique, les peines qui dépassent ce plafond sont déclarées éteintes et le calcul se refait sur la limite, et non sur la somme arithmétique. Cela peut avancer la date de fin de peine définitive et les délais des phases suivantes. Nous ne pouvons pas anticiper le résultat d'un cas précis : cela dépend des dates et des peines. En revanche, nous pouvons vous dire s'il y a matière à tenter la démarche.
Cela dépend surtout du délai d'arrivée des copies certifiées de jugement de chaque tribunal, qui est la partie la moins prévisible. Une fois les documents réunis, la procédure exige l'avis du Ministerio Fiscal avant l'ordonnance. Au total, il faut généralement compter plusieurs mois, et le délai s'allonge en cas de cassation. Mieux vaut engager la démarche au plus tôt.
Oui, et c'est le cas typique. L'article 76.2 du Código Penal dit expressément que la limite s'applique même si les peines ont été prononcées dans des procédures différentes. La compétence appartient au juge ou au tribunal qui a rendu le dernier jugement. Que les affaires viennent de provinces différentes n'empêche pas la confusion ; cela explique seulement que personne ne les ait examinées ensemble.
Non. La refundición de l'article 193.2 du Reglamento Penitenciario additionne les condamnations pour les considérer comme une seule, aux fins de la libération conditionnelle et du calcul des délais. La confusion de l'article 76 fixe une durée maximale d'exécution et peut éteindre des peines. On peut avoir des peines regroupées et n'avoir jamais demandé la confusion.
La première chose est d'identifier précisément l'origine de l'écart : confusion non demandée, imputation de la détention provisoire, liquidation mal faite ou jugement non pris en compte. Chaque cas relève d'une voie et d'une juridiction différentes. Rassemblez les liquidations et la fiche de calcul de l'établissement. Si nous détectons l'erreur, elle sera contestée par la voie appropriée.
Oui. Le motif le plus fréquent est que les faits d'une condamnation sont postérieurs au jugement de référence et n'auraient pas pu être jugés ensemble. Un refus ne ferme pas non plus la porte : il faut vérifier si les jugements restants peuvent être confondus entre eux dans un autre ensemble. Et l'ordonnance est susceptible de cassation pour violation de la loi.
Oui, car ce qui change, c'est la date d'extinction de la peine. Un calcul corrigé a un effet sur la fin de peine définitive et sur la durée de la période sous contrôle. Il est donc utile de le vérifier aussi à ces stades. Vous pouvez consulter nos informations sur la libération conditionnelle.
S'il y a plusieurs affaires en jeu, la question n'est pas de savoir si le calcul est bien fait. C'est de savoir si quelqu'un l'a déjà regardé dans son ensemble.
Nous sommes un cabinet boutique à Barcelone, au C/ Aribau 205, 2e étage (08021), avec plus de 25 ans d'expérience en exécution des peines et une activité dans toute l'Espagne. Nous étudions le dossier complet et nous vous disons clairement ce qui peut être tenté et ce qui ne le peut pas.
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Un cabinet boutique : vous parlez toujours à la même avocate, pas à un service.
Parlons aujourd'hui
Le premier échange sert à comprendre la situation : ce qui peut être fait et dans quels délais. Dites-nous le nom de l'établissement et ce qui s'est passé.
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