Il existe une distance au-delà de laquelle rendre visite à un proche détenu cesse d’être une décision pour devenir de la logistique. Un train avant l’aube, une journée entière de trajet, quarante minutes au parloir. Au début, la famille y va quand même. Ensuite, tous les deux mois. Au bout d’un an, elle n’y va presque plus.
La loi a un mot pour cela : le desarraigo, la perte des attaches. Ce n’est pas un détail sentimental. Lorsqu’une permission de sortie, un tercer grado (troisième degré, le régime ouvert espagnol) ou la libération conditionnelle sont examinés, c’est précisément l’arraigo (attaches durables en Espagne) que l’on regarde : y a-t-il une famille, des visites, un domicile qui permette de tenir une vie dehors. La distance érode ce qu’il faudra ensuite prouver.
Le transfert d’établissement pénitentiaire n’est donc pas une simple formalité : il conditionne la manière dont la peine est exécutée. Chez Bataller Abogados, nous exerçons depuis plus de vingt-cinq ans en droit pénitentiaire, depuis Barcelone, et nous intervenons dans tous les établissements de Catalogne et du reste de l’Espagne.
